Interview

Posté dans Parcours

MOI-MÊME: Bonjour !

BERNARD AZIMUTH: Bonjour !

MOI-MÊME: Vous préférez que je vous pose des questions…

BERNARD AZIMUTH: Ou alors quoi ?

MOI-MÊME: J’avoue que je n’attendais pas cette question.Non, écoutez, si vous n’y voyez pas d’inconvénient, c’est moi qui vais vous poser les questions.

BERNARD AZIMUTH: C’est comme vous voulez.

MOI-MÊME: Bon, c’est moi alors ! On va commencer par le début si vous le voulez bien.

BERNARD AZIMUTH: Ah ! Très bien. Alors, je suis né à midi à Paris un vendredi quatre juin, en mille neuf…

MOI-MÊME: Stop ! Je vous arrête tout de suite. Je parlais du début de votre carrière.

BERNARD AZIMUTH: Oui, bien sûr, suis-je bête !

MOI-MÊME: Mais non, mais non !

BERNARD AZIMUTH: Oh ! j’m’en veux, j’m’en veux…

MOI-MÊME: On peut commencer oui ?

BERNARD AZIMUTH: Alors donc, heu… me voilà vers l’âge de 20 ans, je suis en Lettres modernes à Jussieu, où ma grosse difficulté c’est de me repérer dans la fac qui est immense. Je n’y comprends rien. J’arrive au cours d’anglais quand il vient de finir… Je vais au cours de latin (qui n’a lieu qu’une fois tous les 15 jours) le jour où justement ce n’est pas le jour…

MOI-MÊME: Bon, passons. Et après…?

BERNARD AZIMUTH: A cette époque, je suis figurant à la Comédie Française et j’apprends en même temps l’Art Dramatique au Cours Raymond Girard, excellent professeur classique enseignant la diction et le théâtre. (Classique et Moderne).  Je finis mes cours chez lui avec un premier prix de Tragédie, et un premier prix de Comédie. Et je rentre dans la Compagnie Hubert Jappelle.

MOI-MÊME: Bon, passons. Et après…?

BERNARD AZIMUTH: Attendez, il faut que je vous parle de ce grand Maître !

MOI-MÊME: Non, non, ce n’est pas la peine.

BERNARD AZIMUTH: Si, si, j’y tiens… Il m’a appris énormément de choses et il me semble que je suis encore aujourd’hui en train de comprendre ce qu’il a pu m’enseigner…

MOI-MÊME: Bon, d’accord, passons. Et qu’est ce que vous faîtes chez lui ?

BERNARD AZIMUTH: Du théâtre ! En 1976, nous sommes au  Festival Officiel d’Avignon dans « La Farce de Maître Pathelin » montée en vieux français…

MOI-MÊME: Bon, passons. Et après…?

BERNARD AZIMUTH: Suivent d’autres spectacles, et notamment Le Procès de Kafka, où je tiens le rôle de Joseph K.,  puis retour au Festival Officiel d’Avignon en 1978 dans Trois contes de l’honorable fleur du compositeur Maurice OHANA dans une mise en scène d’Hubert Jappelle.

MOI-MÊME: Un spectacle que vous n’avez pas très bien vécu, je crois ? Racontez-nous ça !

BERNARD AZIMUTH: Non, non, passons…

MOI-MÊME: J’aime bien cette histoire.

BERNARD AZIMUTH: On n’a pas le temps.

MOI-MÊME: Mais si, mais si !

BERNARD AZIMUTH: Bon, mais alors vite ! Dans le spectacle, je devais rentrer sur scène à des moments très précis de la musique et confondant certains passages qui se ressemblaient beaucoup,  je me trompais systématiquement, provoquant à la fois d’une part, la colère d’Hubert Jappelle et de la grande soprano Michiko Hirayama, – qui me foudroyait du regard dès qu’elle le pouvait – et d’autres parts, les rires nerveux des autres comédiens en coulisses, qui avaient le même problème que moi !

Nous avions répété à Pontoise avec la musique enregistrée sur Revox, où j’avais comme repère des petits grésillements sur la bande… Inutile de vous dire qu’avec les musiciens de Radio France présents dans le Cloître des Célestins, je n’avais plus ces petits grésillements qui me permettaient de me repérer. Un vrai cauchemar de comédien !

MOI-MÊME: Oui, j’imagine ! Bon, et après ?

BERNARD AZIMUTH: J’ai eu l’immense bonheur de retravailler avec  Hubert Jappelle en 1990 dans  Fin de Partie de Beckett où j’interprétais le rôle de Clov avec  Hubert Jappelle dans le rôle de Hamm. Une mise en scène d’Hubert Jappelle, dépouillée et magnifique ! Je le répète : j’ai beaucoup appris chez ce grand Hubert Jappelle, qui avait été, à ses débuts,  régisseur de Jean Vilar.

MOI-MÊME:Vilar ?? Heu… Le peintre ?

BERNARD AZIMUTH: Mais non, l’immense homme de théâtre !

MOI-MÊME: oui, oui, bien sûr ! Puis vous entrez à l’école Jacques Lecoq.

BERNARD AZIMUTH: Oui, et j’ai beaucoup à dire sur cette fantastique école. Mais avant, si vous le permettez, juste une parenthèse…

MOI-MÊME:Vite alors !

BERNARD AZIMUTH: À cette époque, je travaille à Radio France en tant que Secrétaire de Rédaction, c’est le nom qui figure sur mes bulletins de salaire. En réalité, je déchire simplement les télex, et les apporte aux journalistes. Encore un cauchemar !  Les machines de télex étaient fait pour les droitiers, or je suis gaucher. Je déchirais les télex, mais toujours en plusieurs morceaux…! Je ne vous dis pas la tête de certains journalistes à qui je remettais des télex recollées avec du scotch, en long, en large et en travers…

MOI-MÊME: Le même regard, je présume, que celui que vous jetait la grande soprano Michiko Hirayama pendant le festival d’Avignon ?

BERNARD AZIMUTH: Oui, sensiblement identique, accompagnées  d’exclamations sonores que la grande soprano ne pouvait pas se permettre en représentation, pendant qu’elle chantait ! Heureusement que j’avais l’Ecole Jacques Lecoq pour me défouler !

MOI-MÊME: Bon passons. Et après ?

BERNARD AZIMUTH: Attendez ! L’Ecole Lecoq… Cette extraordinaire école de création (connue dans le monde entier) qui nous apprend la chose la plus originale et cependant la moins enseignée: être soi-même ! Un immense merci, à mes professeurs: Jacques Lecoq, Philippe Gaulier, Monica Pagneux, Lassaad Saidi, Edouardo Galloz et Serge Martin…

C’est là que j’ai réalisé que ma grande vocation était : faire rire ! Une chose, du reste, que  j’avais brillamment commencée dès mon plus jeune âge sur les bancs de l’école et en famille chez mes oncles, tantes, cousins et cousines  en imitant mon père, ma mère et mes sœurs… Il y avait de quoi faire ! Une ambiance familiale des plus houleuses.

MOI-MÊME: C’est vrai que le rire est une bonne thérapie. Donc, vous êtes resté deux ans à l’école Lecoq et après, qu’est ce que vous avez fait ?

BERNARD AZIMUTH:  Avec Jacques Bourgaux que j’avais rencontré à l’Ecole Lecoq, nous  avons tourné pendant 9 ans  dans toute l’Europe, nos trois spectacles burlesques que nous avons joués en 6 langues : français, anglais, italien, allemand, espagnol, néerlandais.)

MOI-MÊME: Oh mais c’est formidable ! Et vous parliez ces langues ?

BERNARD AZIMUTH: Le français, oui. Plutôt bien, même.

MOI-MÊME: Oh oui, je confirme, vous êtes très à l’aise !

BERNARD AZIMUTH: Merci. L’espagnol et l’anglais un peu. Et les autres langues, non. J’apprenais tout par cœur phonétiquement.

MOI-MÊME: Et après ?

BERNARD AZIMUTH: Après quoi ?

MOI-MÊME: Après le duo !?

BERNARD AZIMUTH: Ah ! Après le duo,  le  solo.

MOI-MÊME: Ah très bien ! Et avec qui ?

BERNARD AZIMUTH: Solo, j’vous dis…! Solo, c’est seul !

MOI-MÊME: Autant pour moi ! Bon, on va arrêter là afin de ne pas fatiguer le lecteur, d’autant que s’il veut d’autres informations à ce sujet, il peut toujours aller voir la rubrique « Bio » sur votre site.

BERNARD AZIMUTH: Oui, bien sûr, mais on n’a pas tout dit. Loin de là.

MOI-MÊME: Oui, oui… Je sais bien, mais j’en ai un peu marre. Bon, indiquons vite fait bien fait, que dans la saison 2005/06, vous avez eu la joie de jouer le rôle de Monsieur Jourdain dans Le Bourgeois Gentilhomme de Molière…

BERNARD AZIMUTH:   Ah oui, c’était bien aussi, ça.

MOI-MÊME:   Mais laissez moi terminer, enfin voyons ! C’est pénible, à la fin, quoi…!

BERNARD AZIMUTH:   Pardon !

MOI-MÊME: …Monsieur Jourdain dans Le Bourgeois Gentilhomme de Molière, disais-je, dans une mise en scène d’ Eric Bouvron aux côtés de Sophie Forte, Manu Kroupit, Pierre Aucaigne, Mélanie Baxter Jones,  Eric Bouvron, Arnaud Joyet et Emmanuel Urbanet (du groupe musical : Les Joyeux Urbains). Un spectacle que vous avez présenté dans de nombreux festivals d’humour. (Tournon, Dinard, Saint-Étienne, Juan les Pins, Villars de Lans, etc.)

BERNARD AZIMUTH: Ben oui, et puis il faut aussi parler du Théâtre de la Marguerite à Antibes, des Candela et aussi de…

MOI-MÊME: On n’a plus le temps. On arrête. Stop, c’est fini.

BERNARD AZIMUTH: Oh non !

MOI-MÊME: Bon alors, juste votre actualité, aujourd’hui.

BERNARD AZIMUTH: Beaucoup de tournées… Une représentation une fois par mois au Café de la Gare, les troisièmes lundis de chaque mois, à 19 Heures… Et aussi, ce qui me remplit vraiment de joie : ma présence une fois par mois, chez Michel Drucker dans son émission « Vivement Dimanche Prochain » sur France 2, à 18 Heures 50.

MOI-MÊME: Et vos projets ?

BERNARD AZIMUTH: Continuer à jouer mes spectacles solos, écrire des programmes courts pour la télé et  chercher à mettre un pied dans le cinéma…

MOI-MÊME: et continuer à faire des messages de pub à la radio ?

BERNARD AZIMUTH: Mais oui, bien sûr. J’adore ça.

MOI-MÊME: Bon allez, une dernière question: 
qui vous fait ces merveilleuses affiches extraordinaires ?

BERNARD AZIMUTH: Justement ! Des gens extraordinaires.

MOI-MÊME: Ah ! Je sais ! C’est « CRAPULE! » qui signe les plus belles affiches actuelles ? 

BERNARD AZIMUTH: Oui, Jean Tholance et Patrick Couratin.

MOI-MÊME: Ah! Ils sont formidables. Bon, eh bien je vous remercie, c’était un plaisir de vous interviewer.

BERNARD AZIMUTH:   Attendez, on n’a pas tout dit !

MOI-MÊME: Si ! Si ! C’est très bien comme ça !

BERNARD AZIMUTH: Mais non ! Il faut que je vous parle aussi des gens avec qui, j’ai eu le plaisir de travailler en production : je pense à ce formidable Max Amphoux, mais également à Geneviève Girard, Géraldine Danon, et en direction d’acteur avec Marc Feld, Michel Elias,  Idwig Stephane, Philippe Sohier, Michèle Guigon, Jean Louis Favier, Yasmina Hamdi-Chériff, Jean-Claude Asselin et…

MOI-MÊME: Bon, ça suffit !

BERNARD AZIMUTH: Non ! Laissez moi aussi vous citer les personnes avec qui j’ai l’immense plaisir de travailler aujourd’hui: Alixiane Morel, Sophie Machot, Edwin Garnier, Manuel Privet, Olivier Coudun, Etienne Desbordes, Arnaud Bel, Laure Fournier, Patrick Dray, Hubert Drac, Richard Kalfa, Jacques Hiver, Danielle et Jacques Malet, Isabelle Nahon, Claire Fuchs et bien sûr : moi-même.

MOI-MÊME: Oui, effectivement ! Ça aurait été dommage de l’oublier celui-là !

Me suivre sur facebook ?

Derniers commentaires

SAATDJIAN

|

Une épreuve sportive de longue haleine, ou comment rendre accessible à tous Hamlet avec un point de vue très personnel mais au combien rafraîchissant, on en redemande. Bien que découvert à Télématin, dommage que cet artiste soit peu médiatisé, il mériterait de l’être beaucoup plus !

Duval

|

Formidable acteur qui se démultiplie entre de nombreux personnage de cette pièce originale, drôle et sérieuse. Aussi à l’aise dans le drame, la comédie ou la conversation avec le public. Précipitez vous.

COLLIN Brigitte

|

Il y a beaucoup de facettes dans votre humour qui le rendent totalement imprévisible et d’autant plus hilarant, avec des morceaux de bravoure comme le génial sketch « trop de lettres » ou du délire total comme « l’anglaise ». Vous faites bien de passer partout dans nos belles régions de France (au pied du Vercors en ce qui nous concerne), ça aère la tête et ça fait du bien à ceux qui vous entendent!

robert santo-paolo

|

J’aime beaucoup ce que vous faites. Je déplore que vous n’ayez pas le succès que vous mériteriez d’avoir. Votre finesse et votre humour « décalé » me procurent une grande joie. Permettez-moi de vous féliciter.
Robert Santo-Paolo